Commençons par reprendre les chiffres et idées annoncés lors de la "rentrée" du maire (à lire ici, là ou encore là) :
- 90 millions d'euros sur 6 ans pour les "modes doux"
- Création de parcs à vélo et d'un service de location de cycles longue durée.
- 200 nouveaux kilomètres de réseau cyclable (320 km actuellement)
- 6 000 nouveaux arceaux d'attaches (4 000 actuellement)
- Généralisation des doubles sens cyclables en zone 30, (pour les vélos, prendre à contresens une rue à sens unique) à partir du 1er juillet 2010.
Attention, tout ça n'est encore qu'un programme. Le vote aura lieu le 28 septembre à la COURLY.
On peut noter que le plan est ambitieux - +150% sur les arceaux, +63% sur le cyclable - même si ce n'est que 90 millions et sur 6 ans : Peanuts par rapport à ce qui est dépensé pour l'aménagement urbain spécifique aux voitures.
L'ambition n'est pas que chiffrée puisque le maire déclare également « Je ne veux pas qu’on fasse du kilomètre [...] Je souhaite que le vélo se développe dans des conditions de sécurité assurée. »
Allons maintenant un peu plus loin. On apprend dans certains des articles traitant du sujet que sur les 200 km, il y aura peut-être de la cohabitation de couloirs de bus mais que c'est pas gagné car le Sytral (l'organisme qui gère les TCL, transports en commun lyonnais) n'y tient pas.
En somme les 200 km ne seront pas tous gagnés sur la voiture, faudrait pas exagérer.
En allant chercher du côté des associations d'usagers, on s'aperçoit que c'est pas l'euphorie :
- Gégé avait déjà promis un remonte pente pour vélos à la Croix-Rousse lors de sa dernière campagne mais le projet a été enterré. Dommage, le cycliste urbain prend rarement sa petite reine pour imiter le peloton du tour de France et l'ascension d'un col en décourage plus d'un.
- Les fameux double sens cyclable en zone 30 seront, quoi qu'il arrive, obligatoires pour les municipalités à partir du 1er juillet 2010 grâce à un décret du 30 juillet 2008 issu du “Code de la Rue”. Et le Grand Lyon ne prévoit que 19 km alors qu'il y en aurait 86 pour être en conformité avec la loi.
- Les arceaux sont trop souvent placés sur les parties piétonnes.
L'ambition semble déjà un peu moins marquée. Et pourtant les chiffres, encore eux, devraient pousser à encore plus d'audace : Depuis le lancement du Velo'V, le trafic à vélo a augmenté de 97% (dont 1/4 pour les vélos rouges) mais il n'y a eu que 7% d'accidents impliquant la bicyclette en plus, ce qui représente environ 90 accidents par an.
Mais électoralement, il y a toujours plus d'automobilistes que de cyclistes (seulement 2.5% des déplacements en vélo). Et si pour l'image s'occuper d'écologie paie, il ne vaut mieux pas trop fâcher l'écrasante majorité de conducteurs en rognant l'espace dédié à la voiture.
Mais revenons à nos moutons. Mr Collomb déclare « Je ne veux pas qu’on fasse du kilomètre ». Regardons maintenant la photo qui illustre ce billet. Elle a été prise rue Alexis Perroncel à Villeurbanne. Les pictos “piste cyclable” à droite de la chaussée sont apparus il y a quelques semaines. Voilà 1.3 km de piste cyclable bidon. Pour laisser l'espace aux vélos, les voitures devront coller à gauche au risque d'accrocher celles en stationnement. Elles feront donc comme jusqu'à présent (ce qu'on voit d'ailleurs sur la photo avec le camion au loin), elles rouleront en partie sur cette nouvelle piste cyclable et devront faire très attention quand elles doubleront un vélo.
« Je souhaite que le vélo se développe dans des conditions de sécurité assurée. » En tout cas pas sur ce coup là. Ni sur celui-ci non plus : Analyse de l’aménagement cyclable le long du Tram T4 par la Vélorution lyonnaise.
Il existe certes d'excellentes pistes cyclables sur l'agglomération. Mais malheureusement, sur un long trajet (plus de 15 minutes), il y a surtout de longues minutes à côtoyer les voitures pour faire la jonction avec la prochaine piste cyclable. Imaginez qu'en voiture vous soyez en permanence obligé de faire 5 minutes de chemin de terre pour passer d'une rue à l'autre !
Il y a quelques jours, Gérard Collomb, maire de Lyon, faisait sa "rentrée politique". Dans le "plan comm" figurait un programme pour le développement des déplacements en mode doux. Beaucoup de jolis chiffres annoncés mais voyons les faits.