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Si Hortefeux est raciste, Besson est quoi ?

Posté le Dimanche 13 septembre 2009 21:58 par Gillou • 15 commentaires Partager
Catégories :Média, Politique
Vous n'avez pas pu manqué le tapage autour de la vidéo où Brice Hortefeux tient des propos racistes en aparté des universités d'été des jeunes UMP.

Mais à moins d'avoir l'oeil très attentif, vous avez loupé LA phrase d'Eric Besson qui nous fait basculer dans l'inhumain.

Hortefeux est loin d'être un ange, il faut se souvenir que l'an dernier pendant la présidence française de l'Union Européenne, il avait réuni ses collègues européens pour un sommet de l'intégration à Vichy... Léger, ça se mange sans fin. Alors une petite vanne raciste avec des militants en oubliant 5 secondes qu'il y a des caméras derrière lui : c'est la gaffe, d'autant qu'il vient de faire mettre un préfet à la retraite pour le même motif.

Je vous passe le ridicule des explications de la direction de Public Sénat, à qui appartient les images, pour justifier de n'avoir pas diffusé la séquence. Pour l'histoire complète de ce dérapage incontrôlé, allez voir politique.net

Besson écrase Hortefeux

C'est l'histoire d'un angolais clandestin qui arrive en France en 2002 après avoir fuit la guerre civile. Depuis il a tenté d'obtenir le droit d'asile sans succès. En France il a rencontré une femme et a eu un enfant dont il s'occupe seul (la mère étant déclaré incapable). Le 26 août, il subit un contrôle d'identité : interpellation, rétention, procédure d'expulsion. La routine ! Sauf que son fils est recueillie par une amie et qu'il doit faire sa rentrée quelques jours plus tard.

Bref un drame humain comme malheureusement la politique d'immigration de Sarkozy en produit tant. L'“Humanité” profite d'une conférence de rentrée du ministre de de l'immigration (de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire) pour interpeller Eric Besson sur ce cas. Après avoir annoncé fièrement que les chiffres d'expulsions était bon et qu'il tiendrait ses objectifs de fin d'année, le ministre a bien voulu évoquer le cas de notre angolais et de son fils :

« Il ne suffit pas d’avoir un enfant né et scolarisé en France pour ne pas faire l’objet d’une reconduite à la frontière [...] L’école ne donne pas protection. Le jeu serait trop simple. »

« Le jeu serait trop simple » !!!

Je vous laisse prendre la mesure de cette phrase et de l'inconscient qu'elle dévoile...

Qu'un ministre fasse une blague de bistrot avec des militants de son partie en oubliant qu'il y a une caméra derrière lui et qu'un autre dans une conférence de presse, en présence de multiple journalistes, sur un sujet préparé compare la traque et l'expulsion de sans papiers à un jeu : qu'est-ce qui est le plus grave ?

Je n'ai trouvé la retranscription de la réponse du ministre que sur le site de l'“Humanité” et le “Canard Enchaîné” en a fait un article cette semaine. A part ça le vide.

Les bras m'en tombent...

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