Un cadeau aux grandes entreprises
Commençons par le plus gros, l'info qui dans un pays démocratique devrait faire vaciller le pouvoir, surtout en période de crise. Elle vient de l'hebdo Marianne : Comment Sarko et Copé ont offert 20 milliards au CAC 40.
Extrait : « C'était avant la crise. Le Président était au Ministère des Finances. Il n'y est pas resté très longtemps, entre mars et novembre 2004. Mais suffisamment pour concocter un formidable cadeau fiscal qui a profité abondamment aux grands groupes et aux fonds LBO. En deux ans, le dispositif qu'il a mis au point - et que Jean-François Copé, secrétaire d'état au budget a finalisé - leur a fait économiser la bagatelle de 20 milliards d'euros : en gros, toute plus-value sur la revente de filiales ou de participations (à condition que la détention de cette filiale ou de ces participations excède les deux ans) est totalement exemptée d'impôt. Au total, 6200 sociétés ont profité de cet avantage dont quelques unes ont réalisé d'importantes plus-values. »
Après, ou plutôt avant, le célèbre bouclier fiscal Nicolas Sarkozy reste constant en arrosant les riches.
Accident du travail : ils n'avaient qu'à pas se faire mal
Là encore, la droite décomplexée fait dans la constance : faire les poches des plus démunis et le faire sous couvert de justice sociale. Le sujet a déjà un bon mois et est voué à tomber dans l'oubli des régressions sociales. L'assemblée nationale vient de voter la taxation des indemnités des accidentés du travail.
Un salarié se fait mal dans le cadre de son travail et est arrêté quelques jours. Il ne touche plus son salaire mais des indemnités journalières qui compensent rarement l'intégralité de la paye. Ces indemnités étaient jusqu'à présent défiscalisées. Et bien elles ne le seront plus.
On aurait pu aller chercher quelques millions pour l'assurance maladie en emmerdant un peu plus les entreprises qui sous-déclarent les dits accidents du travail. On aurait pu aussi supprimer la déduction d'impôt pour les familles de plus de 3 enfants payant l'ISF comme l'a proposé Martine Billard à l'Assemblée, un avantage fiscale qui coûte tout de même 25 millions d'€. Mais la droite (de Nicolas Sarkozy à Jean-François Copé) préfère faire chier le salarié de base, et si possible en se foutant de sa gueule.
Réduction du nombre de fonctionnaire : la police et la gendarmerie aussi
Les élections régionales approchent. Pour ne pas être aussi ridicule que la dernière fois (une seule région métropolitaine pour l'UMP en 2004) et en attendant les prochaines faites sur mesure (régions et départements regroupés avec scrutin uninominal majoritaire à un tour : celui qui arrive en tête, même avec 20 %, même si dans une élection à deux tours il ne peut pas espérer mieux que 40%, le premier rafle la mise, ça apprendra à la gauche à se disperser, vive le candidat unique avec un projet mou), Nicolas Sarkozy ressort sans vergogne le sujet de la sécurité.
Oui mais voilà, les chiffres ne sont pas bons et en plus le gouvernement réduit les effectifs. Mais chut, Brice Hortefeux sait manipuler les chiffres : et hop, ni vu ni connu, on laisse entendre qu'on augmente là où on diminue. En clair on annonce le nombre de recrutement en oubliant de dire qu'il ne compenseront pas les départs en retraite. C'est ASI qui a trouvé ça dans Libération.